jeudi 3 août 2017

Dévoile-moi, de Sylvia Day

Titre : Dévoile-moi (tome 1 sur la saga Crossfire).
Auteur : Sylvia Day.
Éditeur : J’ai lu.
Nombre de pages : 407.

Résumé :
« Lorsqu’il est entré dans ma vie, je ne savais rien de Gideon Cross sinon qu’il exerçait sur moi une attraction violente, si intense que j’en fus ébranlée.
J’ignorais encore tout de sa force et de ses failles, de ce besoin qu’il avait de posséder et de dominer, de l’abîme au bord duquel il oscillait.
Je n’imaginais pas que chacun de nous deviendrait le miroir de l’autre – un miroir dans lequel se refléteraient les blessures intimes et les désirs vertigineux qui nous habitaient.
Je ne mesurais pas encore la profondeur de l’amour qui allait nous unir. » 

Mon avis :
Bon, vous commencez à me connaître, les romances érotiques et moi, en général, ça fait plutôt deux. Des histoires qui se ressemblent toutes, à base d’un grand milliardaire dominateur et d’une pauvre petite écervelée naïve, vierge et prude, qui se donne à lui aveuglément.
J’avais entendu parler de la saga Crossfire de Sylvia Day, aussi quand j’ai vu le premier tome d’occasion dans une vente Emmaüs à 2 €, je n’ai pas hésité, pensant que je n’aurais aucun mal à le donner si ça ne me plaisait pas, et que je n’y perdais pas grand-chose. J’avais ensuite trouvé les deux tomes suivants en soldes chez France Loisirs, et je l’ai ai donc achetés neufs pour environ 3-4 € chacun.
Mais voilà, je me retrouvais avec les trois premiers tomes d’une série dans ma PAL, que je n’avais pas particulièrement envie de lire. Et puis Justine, une bookstagrameuse, l’a commencé et en a parlé rapidement en stories. Nous en avons discuté plus longuement, et elle me confiait que le personnage féminin avait un sacré caractère. Du coup, sur un coup de tête, je me suis lancée dans le premier tome, profitant de ce sursaut de motivation pour commencer enfin la saga. Et quelle n’a pas été ma surprise ! Comment vous dire que je l’ai dévorée ?

Alors effectivement, l’intrigue en elle-même n’est pas bien révolutionnaire. Les deux personnages sont des traumatisés de la vie, et on a la belle blonde qui tombe éperdument sous le charme du milliardaire obsédé par le pouvoir.
MAIS, et je l’écris en majuscules parce que ça change tout, mais l’héroïne a effectivement du caractère. Elle s’assume, assume ses désirs et les déclare ouvertement. Elle ne se laisse pas marcher sur les pieds, elle impose sa volonté et ne se fond pas totalement dans ce mâle dominateur. Elle a du répondant, et qu’est-ce que ça fait du bien ! Elle est pour moi beaucoup plus fidèle à ce que peut être une femme en 2017, et elle sort enfin du moule de la vierge effarouchée qui m'exaspère, et véhicule auprès des lectrices une image que j'abhorre. Je pense que c’est vraiment l’élément qui m’a faite adhérer à l’histoire et la dévorer à ce rythme.

À noter également que, contrairement à de nombreux romans du genre, l’auteure a, même à travers la traduction, un style très marqué et travaillé. L’écriture est ciselée, fine, et c’est suffisamment rare dans la romance érotique pour être souligné.


Conclusion : Une vraie bonne surprise, à base d’héroïne badasse et qui s’assume. Enfin une romance érotique rafraîchissante !

jeudi 13 juillet 2017

Si c'est un homme, de Primo Levi.


Titre : Si c’est un homme.
Auteur : Primo Levi.
Éditeur : Pocket.
Nombre de pages : 186.

Résumé :
« On est volontiers persuadé d'avoir lu beaucoup de choses à propos de l'holocauste, on est convaincu d'en savoir au moins autant.
Et, convenons-en avec une sincérité égale au sentiment de la honte, quelquefois, devant l'accumulation, on a envie de crier grâce. C'est que l'on n'a pas encore entendu Levi analyser la nature complexe de l'état du malheur. Peu l'on prouvé aussi bien que Levi, qui a l'air de nous retenir par les basques au bord du menaçant oubli : si la littérature n'est pas écrite pour rappeler les morts aux vivants, elle n'est que futilité. »

Mon avis :
L’intrigue – C’est toujours difficile d’aborder des témoignages de rescapés des camps de concentration. Celui-ci, l’un des plus connus sans doute, ne déroge pas à la règle. Mais bien loin de s’apitoyer sur son sort, l’auteur donne une image presque neutre, en tout cas réaliste, de ses conditions de détention à Auschwitz. Il explique en effet comment s’organise le camp, et comment ses camarades d’infortune s’y prennent pour survivre un peu plus longtemps, ou dans des conditions un peu moins difficile. Ainsi, le troc et la Bourse régissent la vie du camp, avec pour arrière-fond les Sélections, normalement menées à l’improviste, mais dont on entend toujours parler un peu avant.
Primo Levi ne s’attarde pas longtemps que la dégradation du corps, évoque sans insister les différentes maladies qui frappent les détenus. Lorsqu’il perd son meilleur ami quelques jours à peine avant la libération, il ne l’évoque qu'en une ligne rapide. Il ne veut pas faire pleurer dans les chaumières, mais témoigner. Et on se rend alors compte que c’est une véritable organisation sociale qui s’est mise en place, avec les grands seigneurs, les aristocrates, les marchands qui s’en sortent bien, et le « petit peuple », ceux dont, comme le dit l’auteur, on sait qu’ils ne tiendront pas longtemps ici.
L’un des aspects qui moi, m’a marqué, c’est cette impression que les détenus « collaborent », d’une certaine façon. Ils se soumettent presque volontairement aux ordres donnés, ne mènent pas d’opération de sabotage ou de grands plans de résistance. Il n’y a pas d’accusation dans les propos de l’auteur, et ce n’est pas de cette façon que je l’ai reçu, mais seulement, l’être humain perd une partie de son humanité. Nous ne sommes pas ici dans l’un de ces grands récits d’héroïsme pur, mais dans le quotidien des prisonniers, du détenu lambda. Soumis aux hivers rudes, à l’alimentation maigre, aux coups évoqués rapidement, l’instinct de survie prend le dessus. Certains deviennent fous, d’autres se soumettent sans discuter, les autres tentent de trouver quelques combines et trocs pour survivre un peu plus longtemps. Dans un tel camp, on ne pense pas à demain, mais à aujourd’hui. Les « anciens » le savent, et rient des petits nouveaux qui économisent leur pain pour plus tard : la survie est maintenant, tout bien doit être protégé, toute nourriture ingurgitée rapidement avant qu’on ne te la vole.

Conclusion : Impossible de dire qu’on a aimé un tel livre tant le sujet est terrible, mais il est assurément à mettre entre les mains du plus grand nombre, car c’est un immanquable travail de mémoire.

mardi 11 juillet 2017

Duel, de Renaud Farace.

Titre : Duel.
Auteur : Renaud Farace.
Éditeur : Casterman.
Nombre de pages : 186.

Résumé :
« Alors que Napoléon affronte l’Europe entière dans un bras de fer impitoyable, il veille à préserver toutes ses forces en interdisant les duels, qui saignent à blanc sa Grande Armée. Mais deux hussards, pour une obscure affaire d’honneur, s’entêtent à se défier…
De duel en duel, les frères d’armes devenus ennemis scellent leurs destins et entrent dans la légende. La haine rendrait-elle immortel ? »

Mon avis :
Tout d’abord, je tiens à remercier les éditions Casterman, qui m’ont permise de découvrir ce titre.
J’avais choisi ce service presse car j’avais abordé la thématique du duel à plusieurs reprises lors de mes études de lettres – qui ne se rappelle pas ce duel entre Valmont et Danceny ? – et j’étais heureuse de la retrouver. En plus, j’ai très peu lu de livres sur l’époque napoléonienne, et je trouvais cela intéressant de l’aborder un peu plus en détails.
Je n’ai pas lu la nouvelle de Joseph Conrad dont l’histoire est inspirée, et je ne peux donc pas vous parler de l’adaptation en elle-même, aussi je ne m’attarderai que sur cette BD finale.
Je dois bien avouer que je n’ai pas été passionnée par cette histoire, que j’ai trouvée un peu plate. Pour moi, le récit manque cruellement de vrais rebondissements. Pour une raison totalement absurde, les deux protagonistes principaux se lancent dans une quête d’honneur sans fin, et ils vont passer tout le livre à se courir après pour essayer de se battre. Féraud est désespérément hargneux et vindicatif, c’en est exaspérant. D’Hubert manque un peu de saveur ; même lorsqu’il cherche à éveiller l’intérêt de sa fiancée, il reste assez fade à mon goût. Il m’a manqué une progression réelle dans l’histoire pour m’accrocher.

Au niveau des dessins, je trouve qu’il y a du bon et du moins bon. J’aime les traits prêtés à chacun des deux personnages, car je trouve qu’ils reflètent bien le caractère de chacun. Les grandes illustrations en pleine ou double page sont souvent superbes, j’ai beaucoup aimé l’alternance entre des parties très détaillées et d’autres très floues sur certaines planches. En revanche, certains dessins plus petits, en vignettes, manquent parfois un peu de lisibilité, je pense notamment à ces vignettes avec un fond noir et une flamme en blanc qui danse. Je n’ai pas compris tout de suite qu’il s’agissait d’une flamme, je dois l’avouer. C’est le seul défaut que j’ai trouvé au travail d’illustration.
On a également des passages avec des touches de rouge, notamment – et uniquement si je ne me trompe pas – lors des duels entre Féraud et D’Hubert. Ce procédé était très intéressant et bien pensé, car on faisait ressortir visuellement un passage important de l’histoire, et ça structurait un peu le récit.


Conclusion : Un travail qui ne manque pas de qualité, notamment sur le travail d’illustration. Mais il m’aura manqué un schéma narratif plus marqué, et une vraie progression dans l’histoire.

jeudi 29 juin 2017

Izana, de Daruma Matsuura.


Titre : Izana.
Auteur : Daruma Matsuura.
Éditeur : Lumen.
Nombre de pages : 312.

Résumé :
« Dans le monde d'Izana, il y a le dedans et le dehors. Le dehors, c'est tout ce qui s'étend au-delà des murs de la maison : le soleil, les arbres, les autres... tout ce qu'elle n'a jamais vu autrement que dans ses livres ou à travers les carreaux. Car depuis sa naissance, elle vit recluse, bien à l'abri entre quatre murs. Un jour, poussée par la curiosité, la jeune fille décide de braver l'interdit et de s'aventurer à l'extérieur. Bien mal lui en prend – elle comprend que son visage est si effroyable qu'il ne peut être montré au grand jour.

Car si d'ordinaire, la laideur n'est pas un crime, il règne dans le village une terrible superstition. Autrefois se seraient affrontées une sorcière d'une grande laideur et une prêtresse d'une grande beauté : la première, victorieuse, aurait volé son apparence à la seconde. Depuis lors, toute petite fille laide née une certaine année est tuée sur-le-champ, sous peine de porter malheur aux habitants. Cette légende est même le thème d'une pièce de théâtre qui se joue chaque été. Izana y découvre pour la première fois, dans le rôle de la prêtresse, sa propre cousine. Née la même année qu'elle, Namino a été épargnée grâce à sa beauté extraordinaire...

Jusqu'où iriez-vous pour obtenir la beauté du diable, pour prendre le visage de votre choix ? À quel point l'apparence d'un être influence-t-elle son destin ? Dans une petite ville à l'atmosphère envoûtante, où des légendes séculaires restent terriblement vivaces, une adolescente marquée par le sort décide de briser les chaînes de son destin. »

Mon avis :
L’intrigueJe dois bien avouer que je ressors dubitative de cette lecture, incapable de vous dire si elle m’a été agréable ou non.
Izana a eu le malheur de naître hideuse, l’année du cheval de feu, dans un village ou ces deux faits sont considérés comme porteur de malheur, une superstition héritée d’une vieille légende. Sauvée par la sage-femme qui a accouché sa mère avant que celle-ci de s’immole, Izana va vivre cachée du monde, afin de protéger sa propre vie, et découvrir les origines et les conséquences de la terrible malédiction dont elle semble l’héritière…
Je m’attendais à avoir une sorte de conte, ce qui n’est pas vraiment le cas ici. On est dans une période moderne (années 1960-1970), mais le village d’Akeiwa est tellement reculé et reclus sur lui-même qu’on n’en a pas l’impression. Entre ça et les légendes, on est plongé dans une atmosphère très particulière, en partie brisée par Nagi, ce jeune archéologue venu de la ville pour étudier les sols du village.
Je pense qu’il faut vraiment connaître un minimum la culture et le système de croyances japonais pour apprécier cette lecture, car les différences sont tellement importantes avec la culture occidentale que ça peut rapidement perdre un lecteur non averti.
J’ai mis un peu de temps pour lire ce livre, pas tant à cause de l’histoire en elle-même, dans laquelle il y a assez de retournements pour rester attentif, mais plutôt à cause de l’atmosphère de ce livre, qui est assez pesante.

Ce roman est en fait un prequel à un manga qui s’appelle Kasane, et qui a été traduit en France. Avis aux amateurs !


Conclusion : Un roman très particulier sur lequel il est difficile de se prononcer.

lundi 26 juin 2017

Follow me back, d'A.V. Geiger.

Titre : Follow me back.
Auteur : A.V. Geiger.
Éditeur : Collection R – Robert Laffont.
Nombre de pages : 358.

Résumé :
« Follow me. Love me. Hate me.

#EricThornObsessed

Agoraphobe, Tessa Hart ne parle à presque personne au quotidien, exception faite des réseaux sociaux où elle nourrit sa passion pour Eric Thorn, le prodige pop-rock de sa génération. Prenez-la pour une folle si vous voulez, mais il est le seul qui semble la comprendre, alors même qu'ils ne se sont jamais rencontrés...
Pris au piège entre son contrat et des fans envahissants au point de lui faire craindre pour sa vie, Eric se crée un faux compte Twitter pour troller l'un de ses plus gros followers, @Tessa?Eric. Au lieu de ça, la relation qu'ils tissent sur Twitter dépasse vite tout ce qu'ils auraient pu imaginer. »

Mon avis :
L’intrigue – Je vais être tout à fait honnête, j’ai eu l’impression de lire une fanfiction. Pas forcément mauvaise, je dois avouer que je me suis largement laissée prendre par l’histoire et que j’ai dévoré ce livre, mais une fanfiction quand même.
Tessa, depuis un événement que le lecteur ne connaît pas, vit recluse dans sa chambre, victime d’une forme sévère d’agoraphobie. Eric, pop-star mondiale aux millions de fans, ne supporte plus cette frénésie autour de lui, et se sent pris au piège de sa maison de disques et de ses admiratrices. Agacé de ne pouvoir dire ce qu’il veut sur son compte Twitter officiel, il va se créer un faux compte, dans le but de ternir sa propre image, et de jouer les « haters » auprès des fans. Et c’est ainsi qu’il se retrouve en contact avec Tessa, qui lui voue toute son admiration depuis plusieurs mois.
Seulement, ces échanges qui au départ devaient être emplis de haine, se transforment vite en de longues discussions sans fin, et sur des révélations. Tessa n’a pas conscience de la véritable identité de celui qui se cache sous le pseudo @EricThornCr1.
La situation initiale est assez basique, avec évidemment Tessa qui ne connaît pas la véritable identité de son ami virtuel, lui permettant ainsi de développer des sentiments réels et sincères. Mais les péripéties s’enchaînent rapidement, le rythme est bon, et ça se lit en quelques heures ! Le retournement final amène bien la suite, et donne envie de lire le second tome.
Les personnagesSans être décevants, les deux personnages principaux n’ont rien de bien extraordinaire. Eric est une pauvre star qui ne se fie à personne, et Tessa est bien évidemment la seule à pouvoir le comprendre. On joue largement sur les clichés, mais ça passe. La galerie de personnages secondaires est assez intéressante. Je pense notamment qu’il y a une justesse dans la description du fandom, retrouvant moi-même des types de personnes que j’ai rencontrées lorsque j’étais ado et que j’écoutais des groupes douteux. Et je pense que c’est sur ces personnages secondaires que va se jouer l’intrigue du second tome. Mais ce n’est là que ma théorie personnelle.
Le style – C’est un peu difficile d’en juger ici, car il n’y a pas vraiment de style marqué. Comme dit précédemment, on reste pour moi dans de la fanfiction, avec une écriture assez standardisée qui en découle. Ce n’est pas désagréable, c’est efficace.


Conclusion : Une lecture qui n’est pas décevante sans être un coup de cœur, et qui fait le job : quelques heures sans prise de tête, et un roman qui se dévore.